Verklärte Nacht, Op. 4, IV Adagio d’Arnold Schoenberg
extrait du merveilleux film Mohabbatein :
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une rencontre … une émotion …
un regard … un frisson …
quelques mots … le pouls s’accélère …
coup de foudre dis-moi quel est ton mystère ?
une invitation … début d’une relation …
effleurement … me conduit à la passion …
un baiser sur le bord des lèvres … en oublier la terre entière …
coup de foudre dis-moi quel est ton mystère ?
se dévoiler … la tête en tourbillon …
découvrir nos corps … me noyer dans ton horizon …
tu me touches … en moi monte la fièvre …
coup de foudre dis-moi quel est ton mystère ?
tu es là tout contre moi … troublante réaction …
tes désirs que je devine … divine délectation …
tu te fais plus pressant encore … comme le torrent d’une rivière …
coup de foudre dis-moi quel est ton mystère ?
toi et moi pour ne fait qu’un … nos sens en fusion …
me reposer tout contre toi … oublier la moindre pression …
m’endormir dans tes bras sereine … sentir ta peau encore tiède …
coup de foudre dis-moi quel est ton mystère ?
(poème trouvé sur le site de fab)
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Peut-être avez-vous entendu parler de ce jeu de réflexe mathématique où un chimpanzé a une mémoire visuelle bien plus rapide que l’homme (cf. vidéo) ; cela m’a à nouveau fait penser au roman de Pierre Boulle, La planète des singes :
(…) le fait que nous soyons quadrumanes est un des facteurs les plus importants de notre évolution spirituelle. Cela nous a servi d’abord à nous élever dans les arbres, à concevoir ainsi les trois dimensions de l’espace, tandis que l’homme, cloué sur le sol par une malformation physique s’endormait dans le plan. Le goût de l’outil nous est venu ensuite parce que nous avions la possibilité de nous en servir avec adresse. Les réalisations ont suivi et c’est ainsi que nous sous sommes haussés jusqu’à la sagesse. »
Sur la Terre, j’avais souvent entendu invoquer des arguments opposés pour expliquer la supériorité de l’homme. Après réflexion, toutefois, le raisonnement de Zira ne me parut ni plus ni moins convaincant que le nôtre.
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Extrait de Yoga, Clé de Dieu, Clé du monde de Jacques La Maya (Ed. Dangles) à propos des voies purement mentales – sans expérimentation vécue – de la pensée occidentale :
(…) l’exposé de ces grands thèmes moraux dont Georges Bastide a dressé (en 1943) la longue liste et analysé la riche substance : la belle aventure de la sagesse réflexive, le message socratique, l’ordre par le droit, le Royaume de Dieu par l’Amour, le théologisme éclairé d’un Saint-Paul, d’un Saint-Augustin et du Docteur Angélique [Saint Thomas d'Aquin], la certitude par le doute, le prélude sceptique cartésien, le bonheur par l’expérience humaine et l’empirisme sublimé, le moment kantien, les élans du Romantisme, les jeux profonds et exaltants de la dialectique, le pouvoir par le savoir dans l’ordre , l’équilibre et le progrès, la religion de l’humanité, la force du positivisme, la conscience élargie par la Science, etc…
Qui ne rendrait hommage à cet immense effort multiforme et incessamment renouvelé ! Il est aussi admirable qu’émouvant. Mais, par ailleurs, qui, en 1973, ne pourrait pas ne pas aboutir à cette constatation : Rien n’a réussi à spiritualiser l’Homme.
Nous avons travaillé horizontalement dans le sens de grands changements intellectuels et moraux, physiques et sociaux ; dans ce sens-là seulement. Sauf quelques rares mystiques de chez nous, l’Homme d’Occident n’a ni connu, ni pratiqué aucune méthode de jonction, il n’a pas crevé le plafond des apparences, ni su, ni voulu remonter vers la Source, à contre-courant de son élan vital extériorisant, instinctif, trompeur, mayavique.
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Texte de Gabriel “Jîvasattha” Bittar (1998 – Buddhaline), Dr en Sciences chargé d’enseignement de phylogénétique aux Universités de Genève et Lausanne :
En matière de respect de nos frères animaux, pas grand chose n’a changé de nos jours. Ou plutôt si, les animaux ont été chosifiés, leur massacre a été désacralisé, et se produit actuellement à l’échelle industrielle. Le Bouddha, de la même façon qu’il combattait les sacrifices d’animaux, que ce soit à titre religieux ou alimentaire (cf. à ce dernier titre le sermon très clair intitulé Jîvaka Soutta, Majjhima-Nikâya 55), aurait condamné l’attitude insensible, avide et irresponsable des sociétés humaines actuelles à l’égard de la nature. Il aurait trouvé abjects les élevages industriels et les usines à viande, au sein desquels chaque année des dizaines de milliards d’animaux connaissent une vie de cauchemar, pour en fin de compte subir une mort indigne – et il aurait été horrifié de voir de combien d’autres façons encore les animaux sont maltraités actuellement ! Le Bouddha aurait également trouvé affreux que chaque jour, par sa surextension planétaire et sa surconsommation des ressources naturelles, l’être humain soit la cause de la disparition irréversible d’une multitude d’espèces vivantes.
Pour un bouddhiste sincère, la première étape pour sortir de ce torrent karmique infernal est de pratiquer “la vue juste” (sammâ-ditthi), première branche du Noble Octuple Sentier. Cela commence par un examen de conscience approfondi de soi-même, de ses actes et de ses motivations. Dans le cadre de sa relation au monde animal, cela implique pour lui de constater son ignorance et son inconscience, et de partir à la découverte des réalités du monde des animaux.
Curieusement, s’il n’est plus vraiment nécessaire de nos jours de démontrer l’intelligence merveilleuse que déploient nombre d’animaux dans leurs vies de tous les jours (il existe quantité d’ouvrages sur le sujet), il est en revanche encore nombre de gens pour leur dénier des sentiments. Heureusement, des chercheurs ont consacré leur temps et leurs efforts à la démolition de ce type de préjugés que le Bouddha, en pionnier, dénonçait déjà, et ceux qui souhaitent poser un nouveau regard sur nos frères animaux peuvent consulter, parmi d’autres, les ouvrages suivants :
Jeffrey Moussaieff Masson et Susan McCarthy, “When elephants weep : the emotional lives of animal” (1995) ; “Quand les éléphants pleurent : la vie émotionnelle des animaux”, Albin Michel 1997.
Marie-Claude Bomsel, “Le Dépit du gorille amoureux, et autres effets de la passion dans le règne animal”, Lattès 1998
Anne Collet, “Danse avec les baleines”, Plon 1998
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Elle marche pareille en beauté
Elle marche pareille en beauté à la nuit
D’un horizon sans nuage et d’un ciel étoilé ;
Tout ce que l’ombre et la lumière ont de plus ravissant
Se trouve dans sa personne et dans ses yeux :
Tendre et veloutée splendeur
Que même le ciel refuse à l’éclat du jour.
Un trait obscur de plus, un trait brillant de moins,
Et moitié moindre eût été la grâce ineffable
De cette ondoyante chevelure, noire comme le plumage du corbeau,
Et moitié moindre eût été la grâce de ce visage ;
Miroir limpide des pensées douces et paisibles
D’une âme pure et précieuse.
Et sur ces joues, et sur ce front,
Si doux, si calmes, et néanmoins si expressifs,
Ces sourires triomphants, ces couleurs éblouissantes,
Tout enfin ne révèle que des jours passés dans la bonté,
Un esprit en paix avec la terre,
Un coeur dont l’amour est innocent !
A partir de la traduction de M. Paulin, Paris, 1830 de ‘She walks in beauty’ de LORD BYRON
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tu m’as réconfortée,
Puisque j’ai appris une bonne
nouvelle sur toi :
C’est que tu es en bon point,
Dieu merci, et que tu ne m’as point
Oubliée, ce qui me réjouit :
Meilleure nouvelle ne me
pourrait être apportée.
Pour moi sache que je suis à présent
Réconfortée, mais comme évanouie,
Et blessée
D’une dure atteinte souvent j’ai été ;
Tu as étreint mon coeur d’où
la joie s’était enfuie :
Meilleur nouvelle ne me pourrait
être apportée.
De plus tu m’as causé grande joie
De ton retour qui me comble de joie ;
Que Dieu m’accorde
De te revoir vite et que ton coeur
s’y accorde,
Car alors je serai pleine de joie :
Meilleur nouvelle ne me pourrait
être apportée.
Telle nouvelle vienne vite à mon oreille :
Meilleur nouvelle ne me pourrait
être apportée.
Christine de Pisan (Venise 1364 – Paris 1431)
« Mon coeur qui est maître de moi … », Ed. Alternatives
Charles d’Orléans, Christine de Pisan
Traduction de Solange Thiney-Duvoy
Enluminures de Diane Calvert
°Force m’est d’aimer (la devise des trouvères)
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‘A la base, il doit y avoir un flux de lumière, c’est à dire de photons, qui agit sur la rétine. Il doit toucher à l’intérieur de la rétine des cellules appelées cônes qui renferment des pigments à trois longueurs d’onde dont le mélange permet de reproduire toutes les couleurs.(…) Mais il ne suffit pas que la lumière frappe les petits cônes. Il faut ensuite certaines réactions photochimiques et qu’on code comme dans un ordinateur les paramètres physiques définisant la couleur perçue (intensité, longueur d’onde, composition spectrale). Le message est transmis par l’intermédiaire d’impulsions électriques à travers une chaîne de neurones jusqu’au cortex.(…) Enfin, au bout de la chaîne, le message parvient au cortex, provoquant une activité électrique. Une fraction de seconde plus tard, nous percevons la sensation. C’est une fraction de trop. Comme dans le chapeau d’un prestidigitateur, une opération magique a eu lieu. Avant, on a une longueur d’onde et une activité électrique, après, on a une sensation. Avant et après quoi ? Comment ? Personne n’en sait rien.
[...]
Ainsi, devant un champ de coquelicots percevons-nous un message visuel qui après codage et passage dans le cortex produit en nous la sensation de couleur rouge. Et pourtant la seule trace tangible et mesurable de cette sensation rouge, c’est l’activité électrique qui se produit au niveau du cortex. Le rouge n’existe pas. Le rouge n’est qu’une longueur d’onde. D’ailleurs, si l’on place une cellule photo-électrique devant ce même champ de coquelicots, elle ne réagira qu’en produisant un courant électrique plus ou moins intense suivant la longueur d’onde enregistrée. Seul un être humain « voit » une couleur rouge là où il n’y a qu’une longueur d’onde. Il ne l’analyse pas comme une longueur d’onde ou un phénomène électrique, il perçoit seulement une sensation colorée. Donc, le bref instant qui sépare la production d’une activité électrique par le cortex et la perception de la couleur rouge, il s’est produit quelque chose de nouveau, de mystérieux et pour tout dire d’inexpliquable : la sensation.’
L’homme superlumineux, Pr Régis Dutheil et Brigitte Dutheil, Ed. Sand
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Un immense auteur de science-fiction, un merveilleux visionnaire, et aussi un philosophe.
« L’athéisme est improuvable, donc inintéressant. Cela dit, bien que ce soit improbable, on ne peut pas être certain que Dieu ait un jour existé… et qu’il ait à présent disparu dans l’infini, où personne ne le retrouvera jamais… Comme Gautama Bouddha, je ne prends pas position sur ce sujet. Mon champ de recherche, c’est la psychopathologie nommée religion.
Imaginez que vous êtes un extra-terrestre intelligent, intéressé uniquement par les vérités vérifiables. Vous découvrez une espèce divisée en milliers, non, en millions de groupes tribaux professant une incroyable variété de croyances à propos de l’origine de l’univers et de la manière de s’y conduire. Même lorsqu’ils sont d’accord à 99 %, il suffit justement de ce 1 % qui reste pour qu’ils se massacrent et se torturent les uns les autres à propos d’obscurs points de doctrine totalement incompréhensibles au reste des mortels.
Comment expliquer une telle conduite irrationnelle ? Lucrèce a vu juste en déclarant que la religion était le fruit de la peur, une réaction à un univers mystérieux et souvent hostile. Pendant la plus grande partie de la préhistoire, c’était peut-être un mal nécessaire, mais pourquoi fallait-il que ce soit plus mauvais que nécessaire, et pourquoi a-t-elle survécu alors qu’elle n’était plus nécessaire?
J’ai parlé de mal, et je crois que c’est le terme approprié, parce que la peur mène à la cruauté. La simple évocation de ce qu’a été l’Inquisition suffit à rendre honteux d’appartenir à l’espèce humaine… L’un des livres les plus révoltants jamais publiés a pour titre « Le Marteau des sorcières ». Ecrit par un couple de pervers sadiques, il décrit les tortures autorisées et encouragées par l’Eglise pour obtenir les « aveux » de milliers de vieilles femmes inoffensives, avant de les brûler vives… Le pape lui-même a écrit une préface à cet ouvrage!
La plupart des autres religions, à quelques honorables exceptions près, étaient aussi mauvaises que le christianisme…
L’aspect peut-être le plus sidérant de cette affaire, c’est le fait que, pendant des siècles, des gens qui visiblement étaient fous à lier proclamaient avoir reçu, et eux seuls, des messages de Dieu. Si tous ces messages avaient proclamé la même chose, l’affaire aurait été entendue, mais évidemment ils étaient parfaitement contradictoires. Cela n’empêchait pas ces messies autoproclamés de rassembler des centaines, voire des millions de gens qui combattaient jusqu’à la mort des adeptes d’une autre foi ne différant de la première que par quelque détail infime.
La plus grande partie de l’humanité a toujours été folle. Et sinon toujours, du moins la plupart du temps. Des milliards de gens ont toujours été prêts à croire les pires absurdités, et avec une telle force de conviction qu’ils préféraient mourir plutôt que renoncer à leurs illusions. Pour moi, c’est une bonne définition opératoire de la folie. Toute personne qui possède de fortes convictions religieuses est folle, techniquement, au sens strict, si elle est sincère et pas hypocrite. Mais je soupçonne quatre-vingt-dix pour cent des croyants d’être des hypocrites.
Mais, j’aimerais que mes nombreux amis bouddhistes, chrétiens, hindouistes, juifs et musulmans le sachent: je suis sincèrement heureux que la religion que le hasard leur a donnée contribue à la paix de leur esprit (et souvent à leur bien-être physique, ce que la médecine occidentale commence seulement à admettre, mais à regret). Peut-être vaut-il mieux être heureux et fou que malheureux et sain d’esprit. Mais le mieux n’est-il pas d’être heureux et sain d’esprit?
Que nos descendants atteignent ce but, tel est le grand défi de l’avenir. De la même façon, savoir si nous avons tout simplement un avenir. »
Arthur C. Clarke
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