On riait
18 septembre 2007 par Franck
On a reparlé hier de Tchernobyl suite à la signature du contrat du nouveau sarcophage par deux leaders français du BTP. L’écrivain et journaliste biélorusse, Svetlana Alexievitch, avait recueilli dans La supplication (1997, Ed. J’ai Lu) les témoignages de survivants :
A quatre ans, elle chante, danse et récite des poèmes par coeur. Son développement intellectuel est normal. Elle ne diffère en rien des autres enfants, elle a seulement des jeux bien à elle. Avec ses poupées, elle ne joue pas « au magasin » ou « à l’école », mais à « l’hôpital » : elle leur fait des piqûres, leur met le thermomètre, les place sous perfusion, et lorsque la poupée meurt, elle la couvre d’un drap blanc. Depuis quatre ans, nous vivons à l’hôpital, elle et moi.[...]On lui a fait des fesses… On est en train de lui former un vagin… Après la dernière opération, l’évacuation d’urine a complètement cessé et les chirugiens ne sont pas parvenus à lui insérer un cathéter. Il faut encore d’autres interventions. Mais on nous conseille de la faire opérer à l’étranger. Mais où trouver les dizaines de milliers de dollars nécessaires alors que mon mari n’en gagne que cent vingt par mois ? Un professeur nous a donné un discret conseil : «Avec une telle pathologie, votre enfant représente un grand intérêt pour la science. Ecrivez à des cliniques étrangères. Cela doit les intéresser.» Et depuis, je n’arrête pas d’écrire… (Elle tente de retenir ses larmes.) J’écris que l’on presse l’urine toutes les demi-heures, avec les mains, que l’urine passe à travers des trous minuscules dans la région du vagin. Si on ne le fait pas, son rein unique cessera de fonctionner. Est-ce qu’il y a un enfant dans le monde à qui l’on doit presser les urines toutes les demi-heures ? Et combien de temps peut-on supporter tout cela ? Personne ne connaît l’importance des petites doses de radiations sur l’organisme d’un enfant. Je leur demande de prendre ma fillette, même pour des expériences… Je ne veux pas qu’elle meure…
[...]Je voulais faire un procès à l’Etat… On me traitait de folle. On riait. On disait que des gosses comme ma fille naissaient même dans la Grèce antique. Un fonctionnaire hurlait : «Vous voulez des privilèges en tant que victimes de Tchernobyl ! Vous voulez de l’argent !» J’ai failli m’évanouir dans son bureau…
Larissa Z., une mère
Il y a des sujets difficiles à supporter ! Pendant le cauchemar le business continue.
Cher Dom,
Le récent slogan publicitaire : l’énergie au sens propre.
cher dame bien en peine,j ai lu votre message et si j avais l argent pour aider votre petite ange vous l aurriez tout de suite car c est inhumain de laisser un enfant souffrir comme ca.j ai pleurer en lisans .continuer a demander de l aide.aller chercher le pubic ;la presse ;le quebec .ne vous decourager pas!votre petite fille je vais prier pour elle.il y a des gens genereux sur la terre,j ose penser.j ai moi aussi des enfants et cela me boulverse au plus au point,dite a votre fille qu elle est la plus courageuse et que tout va s arranger!sourier dite lui que vous l aime .moi je pleurs .avec tout l argent que certaine personne ont,continuer ici au quebec on peux amasser des dons.nous l avons deja fait.je donnerai et d autres aussi,il faut faire vitecar elle souffre deja trop.je vous aime;faite-le pour elle s.v.p
Chère Sara,
Merci pour votre compassion et votre générosité.
Ce que je n’avais pas précisé dans mon billet est que le livre ‘La supplication’, d’où est tirée ce témoignage, date de 1997. Je n’ai pu savoir ce que la petite fille est devenue, si elle est toujours de ce monde. Désolé.