L’histoire du Pont de la rivière Kwaï (livre de Pierre Boulle adapté à l’écran par David Lean) illustre bien l’idée de l’action comme but en soi, histoire dans laquelle des soldats se dévouent à contruire un pont pour leur ennemi.
“C’est aussi et surtout une oeuvre ambigüe et intrigante, un apologue sur l’absurdité à laquelle le comportement incohérent des hommes les voue. C’est la morale que l’on pourrait tirer de cette drôle d’histoire où l’on voit des hommes s’évertuer à construire un pont pour le voir s’écrouler aussitôt achevé [...]. Qui sont les vainqueurs, qui sont les vaincus de cette insolite aventure : les Japonais qui ont réussi à faire construire un pont par leurs ennemis ? Le colonel Nicholson qui a réussi à imposer sa volonté à l’ennemi et s’est mis aussitôt à trahir les siens ? Le commando qui a réussi à réduire à néant un ouvrage d’art rendu possible grâce à l’efficacité britannique ?”
Jean Tulard, Guide des films, Ed. Robert Laffont
Le jogging présidentiel n’est-il pas une parabole d’une certaine politique ? On ne court pas dans un but cohérent mais avant tout pour courir, au nom de l’effort.