Le bouddhisme est considéré comme la religion de la paix et l’exemple actuel des bonzes manifestant pacifiquement en Birmanie le confirme encore une fois.
Toutefois, l’histoire du Zen (forme de bouddhisme implantée au Japon) à partir du XXème siècle est l’exception qui confirme la règle. Je vous renvoie à l’essai de Brian Victoria, Le Zen en guerre, ainsi qu’à quelques critiques du livre. Brian Victoria y traite de la collusion entre les écoles Zen et la machine de guerre impériale. Je vous recommande aussi le lien ci-dessus pour un résumé du contexte historique.
“Si on vous ordonne de marcher : une, deux, une, deux! ou de tirer : bang, bang! C’est là la manifestation de la plus haute sagesse de l’éveil. L’unité du zen et de la guerre [...] se propage jusqu’aux confins de la guerre sainte qui est maintenant en cours.” Harada Daiun Sogaku (1939)
Comme le Hannibal de Grabbe, une religion ne tombera jamais hors du monde; comme le reste, elle peut être récupérée et trahie.
Je ne peux concevoir que l’on puisse tuer par amour pour Dieu … ni se sacrifier et tellement de choses encore si Dieu il y a alors amour il demande ….. Bien à toi ! Amitiés
“récupérée et trahie”, en effet.
Mais dans l’esprit contemporain du Zen, c’est probablement cohérent. Ma compréhension du Zen actuel (et qu’on me corrige si j’erre) est qu’un de ses aspects important implique une fixation totale de l’esprit (probablement plus hérité du Taoïsme plus que du Bouddhisme d’ailleurs). Une telle fixation sur le moment présent peut expliquer de suivre de tels ordres aveuglément. L’action est directe et immédiate, non filtrés par un système de valeurs ou par la compassion. C’est très Zen en effet. Mais définitivement pas Bouddhiste.
– Mazzaroth
La non-pensée, une loyauté placée au-dessus de toute valeur, de sa propre vie et de celle des autres et un dualisme extrême, en clair le pur japonais face aux autres, au mal, ont rendu possible les pires crimes. Josh Baran (voir lien) écrit à propos des décapitations du Sac de Nankin : ‘C’est là du bushidô zen en action : le meurtre considéré comme l’un des beaux-arts.’